Interview de Pascale Ammar-Khodja - Biennale de la danse et d’art contemporain de Lyon
En tant que Directrice de la communication et des relations extérieures, quelles sont vos principales tâches ?
Je travaille sur les stratégies de communication avec les directeurs artistiques (Guy Darmet pour la danse et Thierry Raspail pour l’art contemporain), la directrice générale, Sylvie Burgat. Je travaille aussi en transversalité avec notamment le service des publics qui a une mission très importante de sensibilisation en direction des groupes, des scolaires (et de bien d’autres cibles) et le bureau des professionnels, nouvellement créé. Je construis et mets en place le plan de communication, m’occupe en direct des relations extérieures, recherche des partenariats en presse / média. Je coordonne l’action des attachés de presse et autres fournisseurs extérieurs. Ma mission porte sur les deux biennales (danse, les années paires et art contemporain les années impaires).
Comment est organisée votre équipe ?
Je travaille avec trois permanents : 2 chargés de communication pour le suivi du plan de communication, la fabrication des outils papiers, audio ou visuels, le suivi des budgets, du plan média, des partenariats et de la diffusion de l’information qui s’étend jusqu’à l’international. Nous disposons aussi dans notre service d’un graphiste web master qui a en charge le suivi de l’identité graphique et le développement du web. Par ailleurs, nous faisons appel à des agences extérieures pour les relations presse au niveau international, national ou local, une agence spécialisée dans la communication économique, des relations publiques, des agences de graphisme et bien sûr des stagiaires ! L¹équipe grossit au fur et à mesure que l’événement approche. C’est le cas pour tous les autres services de la biennale. J’ai la chance d’avoir pu constituer une équipe très performante, grâce au désir de professionnalisation portée par notre directrice générale. Une récente étude de benchmarking réalisée sur les biennales dans le monde de l’art pour le Grand Lyon a d’ailleurs mis en évidence cette professionnalisation des Biennales et de la communication. Cette professionnalisation me permet aujourd’hui de plus déléguer et de développer de nouvelles actions (notamment en direction du national ou de l’international) ou de nouveaux partenariats ou échanges. Dans mon équipe les personnes sont très complémentaires, elles sont parfois meilleures que moi dans certains domaines spécialisés. Cela ne me fait pas peur de travailler avec des personnes plus pointues que moi, au contraire, c’est pour moi la meilleure façon d’être efficace.
Que préférez-vous dans votre métier ?
Le contact avec le monde de l’art et les humains en général. J’aime avoir une réflexion de fond, travailler sur le positionnement, la stratégie de développement. Les relations extérieures, les partenariats constituent une partie que j’apprécie dans mon métier. J’aime négocier. Pour moi une bonne négociation est une négociation dans laquelle chaque partie a le sentiment d’avoir obtenu et donné quelque chose d’utile. Le travail en équipe est un réel plaisir, mais c’est dû aussi à un management très humain de la structure.
Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?
La capacité de conceptualisation et d’anticipation, le sens relationnel et la curiosité envers l’autre, une aptitude à la négociation, être souple, pouvoir accepter que les choses bougent souvent et vite. Pour moi, la rigueur se situe dans l’écoute, l’attention, l’exigence, la capacité d’être en alerte, le courage. Et puis, il faut de la fantaisie, de la bonne humeur, un caractère constant et du recul pour hiérarchiser les priorités et relativiser les problèmes ou les urgences.
Quelles sont les règles d’or d’une bonne communication ?
On ne communique pas la culture comme les produits de consommation. Nos objectifs sont l’image, la notoriété, le rayonnement de la manifestation et du territoire, mais aussi la légitimité, c’est à dire une reconnaissance des professionnels. La légitimité repose sur le projet artistique et les relations publiques dans le milieu : pour l’art contemporain, il s’agit des collectionneurs, des artistes, de la presse spécialisée, des marchands, des responsables d’événements internationaux pour la danse, ce sont les artistes, programmateurs, la presse, les directeurs de structures. On ne peut pas se passer de l’approbation du milieu. La stratégie de communication porte sur de nom-breuses cibles : presse, public, partenaires financiers, milieu artistique. Nous devons parfois faire le grand écart.
Quels conseils donneriez-vous aux étudiants désireux de travailler dans la communication ?
De vivre, de faire des choses différentes, de s’engager, de ne pas avoir peur. Je n’ai jamais recruté uniquement sur diplômes, j’ai toujours préféré choisir des personnes avec des aptitudes.